L'éventail, cet objet mystérieux...

Posté par: Redac Web Catégorie: Nacre Le: Commentaire(s): 0 Vue(s): 158

L’éventail, cet objet mystérieux…

Depuis l’Antiquité, d’abord entre Chine et Japon, puis sur tous les continents, l’éventail a conquis nos civilisations. 

En Europe, ce marqueur social et attribut de séduction n’en finit pas de susciter notre admiration et celle des artisans les plus minutieux. 

Parfois utilisé comme une arme par les shoguns -guerriers japonais-, ainsi que le précise Laurent Védrine dans la préface du catalogue de l’exposition L’air du temps, proposée aux visiteurs jusqu’au 20 novembre 2022 par le Musée d’Aquitaine, cet objet semble destiné à traverser le temps…Et cette exposition, d’une richesse et d’une variété exceptionnelles, lui rend bien hommage, d’ailleurs !

De la nacre, certes, mais aussi de la créativité, des matières naturelles ou plus modernes, et surtout, l’espoir, à travers le travail de jeunes créateurs audacieux : l’éventail, c’est une histoire qui continue d’être écrite. 

C’est pourquoi j’ai choisi aujourd’hui de vous parler de la création contemporaine et des créations actuelles, après un retour sur l’histoire de cet objet de désir…

L’air du temps, une exposition enivrante

Jusqu’au 20 novembre prochain, L’air du temps explore, à travers 2000 pièces, les tendances liées à l’éventail, objet de mode et de luxe…

Mais quelle est l’histoire de cette si petite chose ?

Au XVIe siècle, l’usage des éventails se répand en France. Sous les doigts des artisans, il se pare de matières précieuses et rares : écaille, ivoire, etc., et les femmes s’en délectent, l’associant à l’envi à leurs tenues. Il devient un accessoire du costume féminin, permettant la diffusion de l’art et du bon goût de chaque époque. 

En Italie, au XVIe siècle, l’éventail prend la forme d’un petit drapeau, avant de devenir le demi-cercle que l’on connait. 

Au XVIIe siècle, sous l’égide de Colbert, est établie la communauté des maîtres-éventaillistes (1678), répondant ainsi à des disputes entre artisans, soucieux de revendiquer l’exclusivité de cette production, avant que Londres ne fasse de même, au début du XVIIIe siècle !

C’est dire combien l’éventail cristallise certaines projections sociales…

Mais c’est le XVIIIe siècle, âge d’or de l’éventail, qui retient surtout l’attention du public. À la veille de la Révolution, Paris (et sa région) revendique ainsi quelque 150 maîtres-éventaillistes ! 

Et quand je dis « sa région », c’est bien d’Andeville, Sainte-Geneviève et Méru dont je parle : une région marquée par la tabletterie, comme nous en avions déjà parlé dans un précédent article.

Au cours du XIXe siècle, la France, sous le coup des guerres napoléoniennes, voit la demande en éventails chuter. Il faut attendre Bonaparte et l’émergence d’une nouvelle cour pour voir la production augmenter de manière significative.

Puis, fin XIXe et début XXe, la fabrication d’éventails, bien que peu à peu mise à mal par l’arrivée de nouvelles matières, mais surtout par la modification du mode de vie des femmes, continue à vivre sous les mains d’artistes comme Georges Bastard, vivant alors dans l’actuel Pays des Sablons. 

Toutefois, son emploi n’est plus aussi répandu…

L’éventail au XXIe siècle

Faisons un bond dans le temps !

La reconnaissance récente (2022) par l’UNESCO du maître-éventailliste comme « patrimoine culturel immatériel de l’humanité » pose le cadre de ce qui apparait déjà depuis le début du XXe siècle comme un objet d’art, après avoir été un accessoire de mode. 

Heureusement, grâce au travail de jeunes talents comme Sylvain Le Guen ou encore Olivia Oberlin, l’éventail demeure un objet convoité par les esprits les plus créatifs. 

En plexiglas, en satin, il apprivoise les matières modernes comme classiques et apporte toujours son lot de surprises et d’émerveillement. 

Petit focus sur le Musée de l’éventail & Anne Hoguet 

Le musée de l’éventail, situé à Paris dans le 10e arrondissement, est le projet d’Anne Hoguet, amie de longue date : j’avais à cœur de vous en parler !

Fière d’arborer le titre de Maître d’Art depuis 1994, Anne Hoguet travaille pour des maisons de renommée internationale (Louis Vuitton, Dior…) et œuvre à la sauvegarde de ce patrimoine peu connu. Elle restaure chaque année des pièces anciennes, leur permettant de traverser les âges. 

Son atelier-musée, unique en France, constitue un trésor à transmettre aux générations futures, malheureusement soumis à des contraintes financières et administratives. 

Je vous invite ainsi à découvrir ce merveilleux site ici grâce à une visite virtuelle, et à signer la pétition demandant une réhabilitation du lieu comme musée. 

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